Peut-on faire de l'Hypnose seul chez soi ? (auto-Hypnose)
Oui.
Il est possible de pratiquer l’Hypnose seul : c’est ce que l’on appelle faire de l’auto-Hypnose.
L’auto-Hypnose consiste à entrer volontairement dans un état modifié de conscience afin de travailler directement sur son esprit : gérer son stress, développer sa confiance en soi, améliorer sa qualité de vie…
Toutefois, il existe des contre-indications à connaître pour pratiquer l’auto-Hypnose en sécurité.
Qu’est-ce que l’auto-Hypnose ?
L’auto-Hypnose consiste à rentrer soi-même en Hypnose sans intervention extérieure.
Cet état est le même que celui que l’on expérimente naturellement au quotidien lorsque l’on est :
plongé dans ses pensées,
absorbé dans un film ou dans un livre,
concentré sur une idée au point d’en oublier le monde autour de soi,
ailleurs, comme “la tête dans les nuages”.
Ce n’est ni de la relaxation, ni de la méditation.
L’idée n’est pas de se détendre mais de s’intérioriser afin d’expérimenter un état modifié de conscience.
L’idée n’est pas d’être “dans le moment présent” mais au contraire de se dissocier et de s’évader dans ses pensées afin d’entrer contact avec son Inconscient (notre esprit, nos pensées, émotions, souvenirs…).
Cette méthode permet au patient de gagner en autonomie afin de poursuivre sa thérapie ou de prendre soin de lui quand il en a besoin.
L’objectif est donc de retrouver davantage de contrôle sur son activité psychique, plutôt que de subir son activité inconsciente (stress, baisse de performance, manque de créativité, diminution de la qualité de vie…).
Une pratique issue de la psychologie scientifique
L’auto-suggestion remonte aux travaux de Pierre Janet à la fin du XIXᵉ siècle.
Elle sera ensuite popularisée par Émile Coué, avec sa méthode consistant à répéter des phrases positives pour influencer son esprit : “tous les jours et à tout point de vue, je vais de mieux en mieux.”
Vous pourriez par exemple vous répéter :
en cas de douleur : “Ça passe, ça passe…”
en cas d’effort physique : “Je peux le faire, j’y suis presque, je vais y arriver, encore 500 mètres, c’est ok…”
Nous avons tous un auto-dialogue interne. Parfois négatif, parfois positif.
L’auto-suggestion consiste à réorganiser et réorienter positivement ce dialogue au lieu de le subir et de se faire des suggestions négatives à longueur de temps (“je n’y arriverais jamais”, “je suis trop nul”…).
Oskar Vogt et la naissance du concept d’auto-hypnose
Le concept d’auto-hypnose a ensuite été formalisé par Oskar Vogt (1870–1959), neurologue et neuroanatomiste allemand.
Selon lui, l’Hypnose est une fonction naturelle du cerveau, et il est possible d’y accéder volontairement.
Vogt avait constaté que certains patients, après plusieurs séances d’hypnose, parvenaient ensuite à retrouver cet état par eux-mêmes. Il décrivait ces phénomènes comme des “expériences auto-hypnotiques”.
Son élève Johannes Heinrich Schultz s’inspirera de ces travaux pour créer, dans les années 1920–1930, le Training Autogène : une méthode structurée de relaxation profonde basée sur les découvertes d’Oskar Vogt.
L’auto-Hypnose se développera ensuite progressivement au sein de la pratique hypnotique contemporaine, jusqu’à devenir l’outil que nous utilisons aujourd’hui.
Pourquoi faire de l’Hypnose seul chez soi ?
L’Hypnose n’est pas un remède miracle.
Si vous avez des problèmes de santé physiques et / ou psychologiques il est nécessaire de consulter un médecin, de bien prendre vos traitements et de maintenir votre suivi jusqu’à amélioration de vos symptômes.
Si vous respecter cette consigne de sécurité alors l’auto-Hypnose vous permettra en plus d’apprendre à :
calmer une montée de stress,
vous préparer à dormir,
apaiser une émotion passagère,
vous “réaligner” après une journée agitée,
améliorer vos performances (études, sport),
développer votre créativité,
régler de petits soucis psychologiques (petite peurs, compulsions…).
Vous deviendrez plus autonome et vous “reprendrez les rênes” de votre activité mentale.
Quand éviter de faire de l’Hypnose seul ?
Il est indispensable de ne pas pratiquer l’auto-Hypnose et d’être accompagné en cas :
de traumatisme psychologique non résolu,
de souvenirs intrusifs,
d’état anxieux aigu,
d’épisode dépressif sévère,
de phénomènes dissociatifs transitoires ou chroniques,
ou de détresse émotionnelle importante.
Pourquoi ?
Parce que vous vous retrouverez seul face à vous-même.
Et que vous n’avez pas envie de retrouver de mauvais souvenirs ou de subir des émotions trop difficiles.
L’auto-Hypnose est un formidable outil pour explorer les états modifiés de conscience et travailler sur les problématiques légères ou moyennes (comme la gestion des émotions ou l’amélioration de la qualité de vie).
Mais pas suffisante en cas de souffrance psychologique trop marquée.
Si vous en avez besoin il est indispensable d’être accompagné par un professionnel dont c’est le métier.
Pour en savoir plus : Quels sont les risques de l’Hypnose ?
En Conclusion
Selon l’IFHE, nous entrons naturellement en auto-Hypnose plusieurs fois par jour : lorsque nous sommes plongés dans nos pensées, absorbés par un film, ou quand nous sommes ailleurs “la tête dans la lune”.
L’Hypnose est donc un état naturel d’intériorisation, “entre veille et sommeil”.
L’auto-Hypnose consiste à reproduire cet état volontairement afin de travailler plus facilement sur son Inconscient : pour apaiser une émotion, améliorer son sommeil, développer sa confiance en soi…
Elle peut bien sûr être pratiquée seule au quotidien.
En revanche, il est indispensable d’être accompagné en cas de traumatisme psychologique, de souffrance importante ou de difficulté trop complexe pour éviter toute mauvaise expérience pendant la séance (souvenirs intrusifs, débordement émotionnel…).
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